Clara est la dernière arrivée de cette classe de seconde pas tout à fait comme les autres. Ce, grâce à un commentaire peu habituel sur la copie d’un devoir de SVT qu’elle a rendu dernièrement. Elle a certes bien fait le job puisqu’elle a eu 16. Mais ce qui a interpellé son professeur, c’est le message, presque de détresse, sur la page de garde. En introduction à son devoir, l’ado explique que oui, elle a répondu aux questions qui lui étaient posées pour obtenir une bonne note. Mais que globalement, pour ce qui est de l’épanouissement personnel dans le processus d’enseignement, ça frise le zéro. Clara a le profil-type d’une élève « surdouée », un terme que ce genre d’élève exècre, qui assimile vite et bien, et de ce fait, s’ennuie très rapidement au milieu de camarades qui ne possèdent pas forcément ses aptitudes. Ni sa rapidité.

Heureusement pour elle, Clara est dans le bon établissement. Depuis trois semaines maintenant, elle a changé de classe. Et se retrouve avec d’autres lycéens eux aussi intellectuellement précoces, qui, comme elle, assimilent très rapidement les cours.

Ensemble, ces élèves brillants partagent leur semaine de cours entre des heures où ils sont mélangés aux autres lycéens et sept heures hebdomadaires, où, rien qu’entre eux, en autonomie, ils développent des projets personnels.

« Les cours magistraux, ça nous pèse »

Pour ne pas les surcharger de travail, ils sont autorisés à louper certaines heures de cours, « sachant que sur le contenu, ce ne sont que quelques minutes vu leurs capacités », précise leur professeur principal, Nicolas Esseiva. Minutes qu’ils rattrapent. Et assimilent en un éclair. Une bénédiction pour ces élèves qui comprennent vite et bien. « Les cours magistraux, ça nous pèse », sourit Alizée qui a 18 de moyenne générale et est « seulement » la deuxième meilleure élève de sa classe. « J’ai carrément l’impression de perdre mon temps, de perdre du temps », enchaîne Clara qui assimile très vite, en regardant, mais ne comprend pas pourquoi il faut répéter ce savoir acquis en l’écrivant, en interrogation puis en correction. Perte de temps que tout cela. Les deux élèves, qui se sont visiblement bien trouvées, parlent ainsi d’une lassitude à suivre un cursus normal.

Sans trop de surprise, elles ont davantage de facilités que leurs camarades à échanger avec les adultes. Et la petite équipe pédagogique recréée autour d’elles les aide encore plus. Les deux miss adhèrent complètement à cette méthode. « C’est libre et c’est intéressant. On apprend beaucoup plus et mieux puisque ce que l’on fait nous intéresse et que l’on ne subit pas l’enseignement. Et puis on a une autre relation avec nos profs, plus mature que celle en cours normaux », apprécient Clara et Alizée. Aujourd’hui, et malgré leur statut bien particulier, les deux ados ne se sentent nullement marginalisées. Ce n’était pas forcément le cas auparavant…

Le projet sera, comme d’autres plus expliqué en détail ce samedi, lors de la journée portes ouvertes de l’établissement (9 h-12 h).

Textes Bertrand JOLIOT - Est Républicain - Mars 2018